Un long chemin parcouru — l’histoire d’une fin de huitième année

14 juin 2021

J’ai commencé à me faire du souci et à planifier l’entrée à l’école maternelle de Maclain lorsqu’il était à l’unité de soins intensifs néonatals, et encore plus intensément lorsque nous avons reçu le diagnostic de paralysie cérébrale. Puis, quand il est entré en première année, j’ai commencé à planifier son entrée à l’école secondaire. Je me souviens avoir participé à une réunion d’équipe en première année pour fixer les objectifs pour l’année et j’essayais déjà de déterminer mentalement où nous devions en être en huitième année pour être prêts pour le secondaire.

Chaque année à l’école primaire était source d’anxiété, car je restais éveillée la nuit à me demander si mon fils aurait des amis, s’il serait capable de suivre les cours et de participer aux activités scolaires. C’est une source d’inquiétude pour de nombreux parents, mais le fait d’avoir un enfant présentant des troubles multiples ne fait qu’intensifier les craintes. Je mentirais si je disais que l’école primaire a été facile et que nous avons traversé cette période sans encombre. Il y a eu beaucoup de larmes, de sensibilisation à faire et de leçons apprises de part et d’autre. Mais à la fin de chaque année passée, je repensais aux moments extraordinaires vécus. Les danses, les excursions, les barbecues de fin d’année, les équipes sportives, les amis, les victoires scolaires, la croissance personnelle. Mon fils, dont on nous disait qu’il ne serait jamais capable de parler, d’apprendre à lire ou de comprendre les mathématiques et qu’il ne serait probablement pas dans une classe normale, a fait un parcours exceptionnel à l’école primaire.

Tout le monde connaît Maclain, son rire contagieux et son sourire éclatant. L’école est devenue son endroit préféré, et il ne voulait jamais en manquer un seul jour. Il adorait tous les aspects de sa vie scolaire. Il a accompli des choses incroyables qui, je l’espère, ont montré à beaucoup de gens qu’il ne faut jamais sous-estimer une personne. Nous n’avons jamais accepté de refus, nous n’avons jamais accepté moins que ce que n’importe quel autre élève aurait pu avoir. Si jouer au hockey-balle n’était pas une bonne idée, il décidait simplement de faire partie du personnel d’encadrement, comme il le faisait pour le hockey et le basket. Promettant des milliers de dollars à ses coéquipiers pour chaque but marqué. Il a appris à épeler, à lire, à faire des mathématiques, à rédiger des dissertations, à créer des projets médias, à danser, à faire de la musique, tout cela. Il a participé à des concours de jeunes talents, aux spectacles de Noël, à des défilés de costumes d’Halloween, à des collectes de fonds pour l’école, bref, il a participé à tout. Je m’en voudrais également de ne pas mentionner qu’il est avec les mêmes enfants depuis huit ans, en tout cas au moins depuis près de quatre ans, et qu’ils le comprennent, l’aiment pour ce qu’il est et célèbrent ses différences. Son meilleur ami Keegan est à ses côtés, physiquement et émotionnellement, depuis le premier jour de la première année. Cela nous a apporté beaucoup de réconfort à tous les deux! Il a également bénéficié du même soutien affectueux et constant de la part de ses assistants en éducation et de tout le personnel de l’école.

Dire que je n’avais rien à craindre maintenant que je me remémore le passé ne serait pas vrai. C’est l’inquiétude qui m’a motivée à poser des questions, à planifier, à chercher des options et des solutions de rechange, et à créer des partenariats pour que son expérience scolaire soit la meilleure possible.

Nous nous trouvons maintenant à l’aube de la fin de l’école primaire, avec l’école secondaire qui se profile à l’horizon, et je me sens à nouveau comme à l’époque où il n’était qu’un bébé. La peur de l’inconnu mêlée à l’excitation de ce qui nous attend. Nous avons commencé à le préparer pour le secondaire dès qu’il a atteint la septième année, et l’équipe est tellement ravie de l’accueillir qu’elle s’est montrée très ouverte au partage d’idées et aux propositions de résolution de problèmes. L’accès aux toilettes, l’équipement, les horaires, voilà les tâches « faciles ». Mon inquiétude se porte sur la cafétéria à l’heure du déjeuner, les couloirs animés, les danses, les clubs et les activités sportives. Où est sa place, comment va-t-il s’intégrer? Il sera dans des classes avec des enfants différents, et non pas avec le groupe toujours chaleureux qui l’entoure depuis la première année. Il sera dans un monde inconnu, des enseignants qui ne le connaissent pas, du personnel qui ne le connaît pas, des enfants qui ne le connaissent pas. C’est ce qui m’empêche maintenant de dormir la nuit.

Et Maclain dans tout cela? Il est impatient. Il est nerveux comme tous les petits nouveaux à l’école secondaire, mais il est enthousiaste. Il sait que de nouvelles expériences s’offrent à lui et a décidé de faire partie des équipes de football et de volley-ball, d’aller danser avec ses amis, de manger avec eux et d’y voir son frère et, peut-être, d’avoir une petite amie. Et tout ce que je peux avoir en tête, c’est « soyez gentil avec lui », « apprenez à le connaître », « acceptez-le et aidez-le ».

À ce stade, tout ce que je peux faire est de faire à nouveau confiance à l’humanité, d’espérer que son expérience à l’école secondaire lui procure les mêmes souvenirs extraordinaires que ceux qu’il a eus à l’école primaire et de garder du chocolat à portée de main pour calmer le stress qui ne manquera pas de se manifester le premier jour d’école et les suivants.